La ligne Ligure

Au Nord-Ouest de l’Italie, limitrophe avec la France, se situe la Ligurie, une terre de montagnes imposantes et de douces collines colorées de vert qui donnent sur la Mer Ligure avec des côtes élevées et dentelées. C’est une région ayant différents aspects pour offrir un riche panorama d’opportunités. La grande ressource de la Ligurie est la mer, avec ses côtes rocheuses où l’on trouve des anses avec des petites et gracieuses plages de sable très fin. 

Je m’y rend depuis de nombreuses années. A chaque fois pour y pratiquer l’escalade. Mais cette fois, j’ai l’intention de découvrir l’arrière pays. Un endroit divin, véritablement suspendu entre le ciel et la mer. On y trouve de grandes étendues de forêts, avec des arbres séculaires, un véritable patrimoine naturel. Une sorte de plongée, d’immersion pour connaître et vivre des lieux où l’homme, avec amour et dévouement, a obtenu de cette terre ses meilleurs fruits. Les lieux sont plein d’histoire, de traditions, témoignage du passage des anciens peuples venant de la mer. L’Italie n’arrêtera jamais de m’étonner.

« Ici, les Alpes se jettent pratiquement dans la Méditerranée dans un climat doux tout au long de l’année », c’est écrit dans les magasines de voyages. Ca doit donc être vrai. Sauf quand tu quittes la Suisse par -4 degrés, tu as des chances qu’il ne fasse pas trop chaud sur les plages liguriennes. Ca tombe bien, parce que nous avons prévu de suivre la crête montagneuse bordant le littoral.

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                                                          17/04/19-21                                                                                                                                                                                                                                                                                  1055 km

Une vallée précédant l’autre, c’est celle de la Roya, que nous empruntons une fois le tunnel de Tende passé, et l’un des plus beaux sites de l’arrière-pays azuréen. La vallée se trouve à cheval entre la France et l’Italie. Elle devient tantôt française, tantôt italienne. La région a d’ailleurs longtemps été italienne, et le roi Vittorio-Emmanuelle II aimait venir y chasser. Ce n’est qu’en 1947 que la haute vallée, autour de Tende, est devenue française. Bâti en amphithéâtre au-dessus de la Roya, Tende possède un caractère alpin. Ses hautes maisons suspendues aux toits de lauze semblent se superposer. Mais, c’est à Breil-surRoya que nous ferons étape. Ce premier gros village, avec ses façades colorées, a d’ailleurs bien un air d’Italie. Ami lecteur, ne manquez pas le bel orgue en bois sculpté de l’église Santa-Maria-in-Albis.

 

Et puis, si d’aventure, il vous venait l’occasion de croiser la route avec « notre chauffeur c’est le meilleur! » prenez garde à vous. Il n’a pas été précisé, meilleur en quoi !!?

 

 

 

Dans la vallée de la Roya, la résistance s’organise. Des habitants témoins de la détresse des migrants venus à pied d’Italie les accueillent, malgré la loi qui interdit l’aide au séjour irrégulier. Certains leur offrent un hébergement, des vêtements ou de la nourriture. D’autres leur dispensent des soins, des cours de français ou les aident à quitter cette vallée encaissée et étroitement surveillée par les forces de l’ordre, au risque de se faire pincer. Pas moins de 150 personnes participent activement à la protection de cette population. Un élan de solidarité et d’humanité qui n’est pas du goût des autorités françaises.

Nous quittons cette population bienveillante pour nous engager le long des crêtes bordant la Méditerranée. Une escapade apaisante, toute en séductions, au cœur de paysages méditerranéens intacts, collines, petites routes tortueuses, randonnées, vieilles pierres, panoramas et silence…

C’est un endroit qui semble dominer le reste du monde ! Celui des villages perchés. Pourquoi perchés ? Tout simplement pour se protéger, car la région, terre de passage entre les péninsules italienne et ibérique, a de tout temps été convoitée et menacée.

Pour les amoureux de la moto, la côte ligure réserve de très belles surprises et de grandes émotions. En montant à travers les forêts de marronniers et de rouvres, de mélèzes et de sapins, les familles génoises se retiraient en été dans leurs villas. Aujourd’hui les nombreuses localités isolées dans le vert maintiennent leurs caractères, peu connus au grand public, mais cependant intéressants. De vastes terrains en terrasse recouverts de vignes et d’oliveraies viennent interrompre la dense végétation de l’arrière pays, des vastes châtaigneraies qui se déploient jusqu’à la lisière des verdoyantes vallées et des champs fleuris. 

 

La route en serpent qui conduit dans cet havre de paix est presque toujours déserte. C’est pas pour autant qu’il est conseillé de rouler à tombeau-ouvert. Le parcours recèle mille et un pièges. Absence de goudron à la sortie d’une courbe, « nids d’autruche », gravier et cailloux, sans oublier les restes d’un passage d’ovins, sont les témoins multiples d’une vie éloignée des préoccupations citadines. Les belles courbes sont négociées avec prudence, ce qui laisse une place importante à la contemplation.

 

 

 

Parfois, il nous est donné de croiser quelques panneaux aux indications cocasses.  « Chaînes obligatoires », un 30 avril, alors que tout est vert alentour.   

Derrière les collines, haut loin, s’étale l’activité industrielle du port de Gênes. Sorti de nul part, il apparaît soudainement au sortir d’une courbe comme pour nous prévenir que notre balade touche à sa fin. Il nous faut maintenant revenir vers la Suisse. Mais, il est certain que nous y reviendrons. Il y a tant à découvrir ici et le pesto est si délicieux … 

 

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